Les témoins

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LIGNY

Léon Ruquoy et le Centre Général Gérard

Léon Ruquoy a marqué Ligny. Il fut bourgmestre du village de 1965 à 1977, puis échevin du tourisme dans la nouvelle entité de Sombreffe.

Auteur de nombreuses recherches sur la bataille de Ligny de 1815, il participa à la création du Centre Culturel et les diverses activités qu'elle déploie, dont " l'Ecole de Ligny " en 1967. Si vous recevez des amis français, disait-il, ne commettez surtout pas l'impair de leur faire visiter Waterloo, sous peine de vous brouiller avec eux…
Etonnez-les plutôt, et, avec beaucoup de tact, emmenez-les aux confins de la province de Namur, à Ligny, où, le 16 juin 1815, soit deux jours avant Waterloo, Napoléon remporta sa dernière victoire.

Bien qu'inscrite sur l'arc de triomphe de l'Etoile à Paris, cette victoire était quasi tombée dans l'oubli jusqu'à ce que, en 1965, M. Léon Ruquoy, désire rendre au village son animation d'antan en créant un syndicat d'initiative et en commémorant avec faste, pour la première fois, 150 ans après, la dernière victoire de l'Empereur.

L'année 1992 verra récompenser M. Ruquoy et son équipe, avec, en mars, l'inauguration d'une ferme-musée consacrée à la bataille, et, en juin, outre la 28e édition de la commémoration de l'événement ( les 6 et 7 juin ), le premier prix du challenge Jean Honhon, organisé par le Touring Club, et qui sera décerné au S.I. le vendredi 19. Cette ferme est caractéristique de la région dont certaines parties datent du milieu du 17e siècle ( porte cintrée ). C'est un exemple de ferme moyenne. Le fournil et étables portent des voussettes sur poutrelles métalliques.
Elle existe toujours.

Cette ferme est devenue un musée napoléonien dénommé le " Centre Général Gérard ", en souvenir du général français qui commandait le 4e corps d'armée française, le 16 juin 1815. Elle est située au numéro 23, rue Pont Piraux à Ligny.

Le château féodal

Ligny était un " castellum ", un château fort, siège d'une Seigneurie, qui dépendait autrefois du Duché de Brabant et en partie du Comté de Namur ( d'où: rue du Comté ). Cette seigneurie était un fief dépendant de la seigneurie d'Heverlee. Le Château de Ligny se situant dans le champ délimité par la rue Emile Vandervelde et les deux lignes de chemin de fer ( Louvain-Charleroi et Landen-Charleroi ) à Ligny, a complètement disparu. Nous le découvrons toujours sur la carte de Ferraris, sur le premier plan cadastral de Ligny, vers 1825, et sur l'atlas des chemins de 1844.

Très fort château de plaine, il était entouré de fossés et de marécages alimentés par La Ligne toute proche. Il y avait une belle et ancienne chapelle castralle. Propriété des comtes de Looz, le château fut pillé à la révolution et il était déjà à moitié ruiné en 1815. Il n'existait plus en 1844.

Le 16 juin, les Prussiens s'étaient retranchés dans le château et en furent difficilement délogés. C'est lors de l'attaque de ce point que le Général Jacques Le Capitaine, commandant la 1ère brigade d'infanterie de la 13e division d'infanterie du Général baron Vichery, relevant du 4e Corps d'armée du Général comte Gérard fut tué.

C'est en fin d'après-midi, le vendredi 16 juin, que le Général Lecapitaine tomba, fusillé à bout portant, sous les murs dévastés du château de Ligny. Son corps ne fut pas retrouvé. Sans doute, fut-il dépouillé de son uniforme et jeté avec les cadavres de ses soldats, dans une fosse commune dont on ignore toujours l'emplacement. Une plaque commémorative rappelant sa mort se trouve apposée sur le mur d'entrée du musée du Centre Général Gérard à Ligny.

Quant au château, il ne fut pas restauré. Livré au pillage, il disparut complètement. Son emplacement n'est plus qu'un champ cultivé dont émergent parfois quelques unes de ses vieilles pierres. Les habitants de Ligny s'emparèrent de certaines pierres pour la construction de leur habitation. Voir le blason encastré à l'envers dans le mur de la maison portant le numéro, avenue du 16 juin 1815. De nouvelles constructions devraient bientôt s'élever à l'endroit où se trouvait le château féodal.

Mémorial du Bi-Centenaire

L'idée d'ériger un monument rappelant la bataille de Ligny et le souvenir des " grognards " remonte à plusieurs années déjà.

A défaut de moyens financiers, le projet n'avait pu être envisagé sérieusement.
En hommage à l'œuvre civile et militaire de Napoléon, à quelques mètres de la ferme Leconte, à l'entrée de Ligny, au carrefour de la route de Sombreffe, Saint-Amand et Tamines, il a pu finalement être érigé en 1969, le mémorial du Bicentenaire.

Son motif est une pièce d'artillerie de forteresse ( n'a pas servi le 16 juin 1815 ) de 5.600 kilos et mesurant 4 mètres 20 de long, baptisée " le formidable ". Elle fut coulée à Douai le 14 septembre 1811 par J.T. Beranger.

Le mémorial du Bicentenaire de la naissance de Napoléon a été érigé grâce à l'intervention généreuse de la société de la Légion d'Honneur.

La ferme de la Tour, ou ferme d'En-Haut

La ferme d'En-Haut est considérée comme la plus ancienne de Ligny. Si au point de vue architectural, elle ne présente que peu d'intérêt, son histoire est par contre particulièrement attachante.

La ferme se trouve à côté du presbytère. Elle s'appelle également " ferme de la Tour " quoique désignée par Thiers dans l'histoire du Consulat et de l'Empire sous le nom " Ferme d'En-Haut ". Son origine est très ancienne. La ferme d'En-Haut est un ancien fief de la tour, relevant du Comté de Namur et remontant au XIVe siècle.

La ferme d'En-Haut reste ainsi l'un des derniers vestiges du passé féodal de la localité qui au XIIIe siècle déjà était l'une des seigneuries les plus anciennes et les plus considérables de la région. Elle faisait partie du bailliage de Fleurus dans le Duché de Brabant.Le logis et les dépendances de la ferme d'En-Haut ont été transformés en plusieurs habitations. Le beau porche colombier daté de 1733 est classé comme monument A côté, se dresse une belle potale en pierre bleue réalisée en 1827 et dédiée à Notre-Dame de Bon Secours.

L'hospice monumental qui se trouvait en face de la ferme a malheureusement été détruit en 1985.

En juin 1815, " la ferme d'En-Haut " appartenait toujours à la famille de Corswarem. Elle fut avec le château, " la ferme d'En-Bas " et le cimetière entourant l'église l'un des derniers points de résistance des troupes de Blücher. Les combats qui s'y déroulèrent furent d'une extrême âpreté. Ligny fut pris et repris 5 ou 6 fois.

Témoin des terribles combats du 16 juin, la ferme d'En-Haut dresse toujours ses épaisses murailles et sa tour dans la partie haute du village de Ligny. Elle conserve son aspect de 1815. Datant de 1733, elle se trouve ruelle du Curé à Ligny.

Transformée par les prussiens, en 1815, en une véritable forteresse, la ferme fut l'enjeu, tout comme la ferme d'En-Bas, d'âpres combats et l'un des bastions de la résistance des troupes de Blücher.


Vues de la cour intérieure au début du siècle

La ferme d'En-Bas

La ferme d'En-Bas, à peu près similaire à celle d'En-Haut, avait connu le même sort funeste, soit son abandon mais avait la chance d'abriter le Cercle Paroissial de Ligny. Pourtant, personne ne trouva à redire lorsque l'on démantela partiellement le colombier qui surmontait le porche de cette bâtisse qui, comme celui de la ferme d'En-Haut, avait pourtant connu les sanglants combats du 16 juin 1815.

Quelques années après ce premier démantèlement, le porche sera entièrement démoli de même que les dépendances qui le jouxtaient. Dans le bas de la place, une fois La Ligne traversée, nous découvrons ainsi le site de la Ferme d'En-Bas, transformé en 1909 en cercle paroissial. On y a construit une salle de spectacle où se donne depuis 1927, le Jeu de la Passion. Il se situe à l'intersection de la rue des généraux Gérard et Vandamme et du sentier d'Elville à Ligny.

Son porche monumental fut détruit après la seconde guerre mondiale. Seul, le corps de logis et les murs extérieurs de la grange furent témoins de la lutte à mort du 16 juin 1815. La ferme fut incendiée durant la bataille. Le site, trop transformé, n'a pas été classé.

Une plaque commémorative, également surmontée d'un aigle et portant les dates 1815 et 1965, précise : " Ferme d'En-Bas/ Dernier bastion de la résistance prussienne/ à Ligny, cette ferme soutint le 16 juin 1815/ les furieux assauts des troupes Impériales/ françaises du général Gérard/ Prise et perdue plusieurs fois, elle fut/ finalement enlevée par Napoléon/ à la tête de sa Garde ".

Eglise et place

Ligny fut occupé au début de la bataille par la 4e brigade d'infanterie de Henckel ( environ 4.900 hommes ) du 1er Corps du Lieutenant-Général von Ziethen II. Avant de devenir paroisse à part entière en 1717, Ligny dépendait de la paroisse de Tongrinne. Toute en pierre bleue, l'église de Ligny renferme des témoignages beaucoup plus anciens. Les fonts baptismaux datent du XVI et XVIIe siècle. On y trouve de belles pierres tombales d'anciens seigneurs de Ligny comme celle de François de la Haye et de son épouse, et de Charles d'Argenton, mort en 1650 L'église actuelle dédiée à Saint Lambert date de 1894 et a été rebâtie sur le même emplacement que la 2e datant de 1753. Il s'agit d'un édifice néo-gothique en pierre ( 1890-1895 ).

Le cimetière fut désaffecté en 1870 et une partie dut en être transformée en 1895 pour permettre d'aménager la cour d'entrée de l'église actuelle. En 1905, une autre partie fut supprimée pour agrandir la Place communale et, finalement, la moitié nord restante fut enlevée en 1915 pour donner du travail aux chômeurs et permettre la création de la petite place dite "cul de sac", actuellement place de Damvillers.

Lorsque l'on descend la place de Ligny, du côté gauche, après une ruelle qui existait déjà en 1815, se trouvait une boucherie. A l'emplacement de ce bâtiment s'élevait, en 1815, l'auberge " du Cerf ". On peut encore voir, encastrée au-dessus de la porte d'entrée d'une maison voisine ( numéro 10 ), une pierre qui lui servait d'enseigne de café ( 1777 ). On y distingue, surmontée d'une série de dessins représentant un voyageur, un verre, une cruche, une coupe et une bouteille, l'inscription suivante :

CY, AU CŒUR DI SOLE OU UN
CHACUN VIENNE POUR LE
CONSOLEZ ON Y VEND DE LA
B.T. ET B POUR FAIRE PASSEZ
LE CHAGRIN. AUJOURD'HUY
POUR DE L'ARGENT
DEMAIN POUR RIEN. 1777

Cette auberge devait être une ancienne " franche taverne " qu'un document de 1697 dit avoir situé près de l'église paroissiale et appartenu au seigneur. Sur le même côté, un peu plus bas, subsiste le porche de la grange de la Dîme. Cette grange appartenait à l'abbaye de Villers-la-ville. C'est aujourd'hui un café dénommé " Le Napoléon ".

SOMBREFFE

Le presbytère

Le presbytère de Sombreffe est situé au numéro 13, allée de Château Chinon.
Il s'agit d'un large bâtiment en brique et pierre bleue de style classique, du 3e quart du XVIIIe siècle ( vers 1770-1780 ), construite par les moines de l'abbaye de Bonne-Espérance, en Hainaut.
L'intérieur de la cure est soigné et on y remarque un superbe escalier en chêne, dont le départ, magnifiquement sculpté est une œuvre d'art de toute beauté. Un boulet de canon est toujours figé à moitié dans le mur.

Une des portes porterait des coups de sabre donnés par le Feld Maréchal Blücher qui y a passé la nuit du 15 au 16 juin 1815.
En fait, le 16 au matin, Blücher ne décolère pas, ses troupes n'arrivent pas suffisamment vite pour se mettre en position. De colère, il aurait frappé une porte à coups de sabre ( tradition locale ). Ces coups dits " de la colère de Blücher " sont toujours visibles sur le dessus de la porte intérieure de gauche en pénétrant par l'entrée principale de la cure. L'escalier était à ce moment encore décoré de graffitis irrévérencieux dessinés par les soldats de Jourdan en 1794.

Face au presbytère, se dressent deux vieux et puissants platanes et un hêtre, contemporains du corps de logis

Suite aux combats qui se déroulent le 15 juin 1815 à Charleroi et principalement à Gilly, Blücher, accouru de Namur, à la première alerte était arrivé à Sombreffe , le même jour, dès quatre heures de l'après-midi.
C'est ainsi qu'il transféra son quartier-général de Namur à Sombreffe dans l'après-midi du 15 juin. Le presbytère a servi de Q.G. pour l'armée prussienne durant la bataille. Quant au choix de la cure pour y installer son Q.G., c'est tout simplement que ce bâtiment se trouvant non loin de l'église, il était aisé pour les officiers de le trouver en s'orientant sur le clocher. Tous les états-majors pratiquaient de la sorte.

L'église et son cimetière

L'Eglise actuelle a remplacé au même endroit, dans une autre orientation, un édifice beaucoup plus ancien, lequel était orienté vers l'Est, et dont la tour s'est écroulée en 1858 pendant un office. Cette église avait un clocher à 4 clochetons. Abimée également au cours de la bataille de Ligny et mal ou pas restaurée, elle fut remplacée en 1858 par la construction actuelle.

L'église de Mont est devenue l'église de tout le village de Sombreffe ( département de Sambre et Meuse, période hollandaise, arrondissement de Namur ). La nouvelle église datant de 1858 ne présente rien de remarquable au point de vue architectural. Elle est construite en style néo-gothique, très banal. Jusqu'à la révolution française, des moines de Bonne-Espérance administrèrent la cure de Mont et de Sombreffe et même après la tourmentye révolutionnaire, nos curés furent d'anciens religieux de cette abbaye jusqu'en 1807 environ. A la cure, un registre nous donne la liste des curés depuis 1450.

Le vieux cimetière désaffecté a laissé la place à un nouveau cimetière le 26 mai 1821 au sud-ouest de l'église. En 1951, les abords de l'église furent modifiés vers l'est. Le vieux cimetière fut désaffecté, le monument élevé à la famille de Cléty de Witterzée, occupant autrefois le château de Foriest, fut démoli pour cause de vétusté et la route de Mont considérablement élargie.

Lorsque l'on rentre dans le cimetière, celui-ci recèle dans le mur intérieur de gauche en entrant, un boulet de canon. Peut-être était-il destiné au presbytère qui se trouve en face, où Blücher avait établi son quartier-général ?

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