L’Auberge de la Barrière

Tandis que Napoléon fait aménager le Moulin Naveau en observatoire, le géomètre SIMON, guide de l’Empereur, le conduisit à l’Auberge de la Barrière (appelée également auberge GAILLY) où il prit une légère collation.

Il régnait à cette époque une intense circulation sur la chaussée. Elle était parcourue par des véhicules de toutes espèces : pesants chariots chargés de marchandises, pataches, chaises de postes, filant d’un train d’enfer, dans la « sonnaillerie » sans répit des colliers de grelots. Notre pays était occupé depuis plusieurs semaines par les Prussiens.

 

L’Auberge de la Barrière, une vieille demeure, située non loin du ruisseau de Plomcot et utilisée comme relais de poste, fut construite en 1791 par François GAILLY, lequel est né à Fleurus le 24 juin 1773.

A l’état civil, le père était renseigné comme aubergiste, cabaretier, brasseur, tailleur de pierres et vendeur de bière.

 

Comme en ce temps-là, on ne connaissait point les chemins de fer, le roulage activé surtout par le commerce de charbon vers le Brabant et le Namurois, était des plus importants et les voitures s’arrêtaient volontiers à cette auberge renommée.


L'auberge photographiée quelque temps avant sa démolition

 

Les écuries se trouvaient sous le bâtiment principal et on y accédait par l’arrière. Par la suite, un recouvrement de ciment a caché les briques du bâtiment. Au dessus de la porte d’entrée, une pierre bleue reproduisait un blason ayant pour motif un arbre avec quelques fruits soit un « gailly ». La famille GAILLY a une origine toulousaine. En wallon, le mot « gailly » désigne le noyer et la « gaille », le fruit.

 

Le 16 juin, l’Auberge se retrouve au milieu des lignes françaises. Des boulets s’abattirent sur la demeure, obligeant François GAILLY à s’enfuir avec son épouse Alexandrine Joseph CHAUDRON et ses cinq enfants dans la direction de Tongrinne, les chemins creux les protégeant des balles qui sifflaient à leurs oreilles, et dans le lointain…

Ils entendaient les cris de détresse des mutilés et des mourants. La mère portait dans ses bras le dernier né tandis que les autres la suivait accrochés à ses jupes.

 

L’un des enfants dont il est question ici, c’est Antoine GAILLY, lequel était né le 13 janvier 1806. Le 16 juin 1815, il était donc âgé de neuf ans. Cet épisode de sa vie l’avait fortement marqué et il n’hésitait pas à le raconter à l’occasion. Il deviendra curé de Thulin par la suite et racontera inlassablement cette histoire à ses étudiants. Il décèdera dans cette localité le 7 novembre 1897. Par ailleurs, suivant la tradition familiale, à son arrivée à Fleurus le 16, Napoléon aurait déposé son chapeau sur un meuble, soit « un cabinet » en ébène. Ce meuble existe toujours au sein de la famille GAILLY. Il s’agit d’un meuble décoré d’écailles de tortue et datant du 18e siècle. L’Auberge de la Barrière se situait au numéro 10, chaussée de Charleroi à Fleurus, dans la direction de Gembloux, juste avant l’actuel restaurant "« e Quatro Stagioni », à la sortie de Fleurus. Comme ce n’était plus que ruine, sa complète destruction a débuté le 2 décembre et s’est achevé le 10 décembre 1999. C’est Monsieur Antonio CORTESE, entrepreneur à Tamines, qui a été chargé de la démolition du bâtiment.

 

A sa place se sont érigées, les installations de l’entreprise de cycles HENRY de Fleurus.

Fermer la fenêtre