Le Champ de bataille

LIGNY 1815 - promenade balisée (suite)

Le château féodal

Vous serez bien déçu(e) en constatant que l'imposant château de plaine - selon les gravures d'époque - n'existe plus. Riche de deux superbes tours et entouré de douves, il dominait une grande ferme qui en était séparée par la rue où vous êtes en ce moment. Propriété de l'illustre famille des Looz-Corswarem, il fut ruiné à la Révolution et dévasté définitivement lors de la bataille de Ligny. Ses matériaux alimentèrent la construction de nombreuses maisons du village.


Gravure du château de ligny


Emplacement actuel du château

Le château de Ligny joua un grand rôle dans les combats. Solidement barricadés dans son enceinte, les tirailleurs silésiens opposèrent une résistance farouche à la 13e division d'infanterie de Vichery dont un des généraux, Jacques Lecapitaine, sera tué durant l'assaut. Une plaque commémorative apposée à la façade du Centre Général Gérard rappelle la mort de cet officier supérieur français.

Poursuivez votre route jusqu'au pont qu'enjambe la ligne de chemin de fer de Ottignies à Charleroi.

Ancienne carrière Dumont (Ligny-Carrières)

Vous ne pouvez malheureusement y avoir accès, s'agissant d'une propriété de la Compagnie des Eaux de Bruxelles qui y exploite une station de pompage utilisant les eaux profondes et pures d'un étang ayant envahi l'ancienne carrière d'excellent petit granit.

Suivez la rue du Grand Central qui longe l'imposant talus ferroviaire; poursuivez votre route tout droit en empruntant les rues Servais et Mary. Vous arrivez au croisement des rues Mary, du Pinson, Saint-Nicolas et de Saint-Amand.

"A l' jambe di Bwès"

Au temps passé, le quartier était constitué de quelques petites maisons dont une était habitée par un soldat français vétéran de la bataille de Ligny qui, amputé d'une jambe, se fixa à cet endroit.

Venant de la rue Mary, vous prenez à droite, par la rue St-Nicolas. Vous observerez en particulier une très ancienne ferme sur votre droite. Continuez. Au carrefour, à l'angle des rue du Comté (la plus ancienne de Ligny) et de la Ligne (anciennement rue du Moulin), d'anciens bâtiments à murs aveugles. Continuez tout droit.

Moulin à eau

Avant d'atteindre le petit pont de pierre enjambant la Ligne, vous observez sur votre droite l'entrée de la plaine de détente où vous pourrez consommer votre pique-nique, du pont de la Ligne, vous admirez à droite une élégante petite maison qui surplombe la rivière et une ensemble de bâtiments très anciens groupés autour d'une cour sympathique et ombragée. Le pont franchi, c'est un complexe imposant qui s'offre à vous, avec un superbe corps de logis actuellement en restauration. C'était l'ancien moulin banal.

Poursuivez jusqu'au carrefour en T avec la rue Haute. Tournez à droite puis à gauche vers la rue du Pirou qui n'existait pas en 1815. Au bout du chemin, tournez à droite vers la rue du Sud puis à gauche. Vous êtes sur la chaussée que, si vous êtes à pied, vous ne traversez pas. Allez jusqu'au canon.

Mémorial du Bicentenaire

La pièce principale de ce monument est un superbe canon de forteresse. D'un poids de 5.600 kg, longue de 4,20 mètres et coulée à Douai en 1811, elle fut prêtée par le musée de la Porte de Hal à Bruxelles ; elle n'a donc pas servi à Ligny.

Erigé en 1969, le monument commémore l'oeuvre civile et militaire de Napoléon et a été largement subventionné par la société de la Légion d'honneur.

En face du mémorial se trouve une ferme ancienne (19e siècle) dont l'architecture du corps de logis présente un équilibre remarquable.

Tournez à gauche et entrez dans le village par la rue Harzée.

Ferme d'En Haut

Lieu emblématique de la Dernière Victoire, c'est un bâtiment ancestral dont attestent des écrits du 17e siècle dont il ne reste, à vrai dire, que le porche monumental. La ferme de la Tour (aujourd'hui ferme d'En Haut) fut investie par les Prussiens le 16 juin et solidement fortifiée. Les Français les en délogèrent après des assauts répétés et impétueux. Elle tomba définitivement aux mains des Français - et spécialement les éléments de la Garde avec Napoléon à leur tête en fin d'après-midi. Une plaque commémorative salue cet événement.

La Ferme d'En Haut aujourd'hui et, à droite, lavue de la cour intérieure au début du siècle

Eglise Saint-Lambert

Ce magnifique sanctuaire en pierre calcaire de Ligny a été construit en 1894 à l'emplacement de l'ancienne église qui fut un témoin particulièrement proche de la bataille. C'est un exemple accompli du style néogothique.


L'église Saint-Lambert aujourd'hui

En 1815, l'église était ceinturée par le cimetière . Des combats acharnés se déroulèrent à ses abords. Les Français venant de la partie haute et attaquant de toute part tentaient de bousculer les Prussiens qui leur résistaient farouchement. A l'époque un important glacis se trouvait devant l'église. Les assauts furent d'une violence rare. On se battait à la baïonnette, on se fusillait à bout portant dans une furie commune. Si la vieille église ne fut que modérément endommagée, c'est à ses pieds que se déroula une des plus sanglantes mêlées que l'histoire ait relatée.

Gagnez le bas de la place puis prenez vers la droite. Vous abordez un site particulièrement apprécié pour son calme et son environnement, la ferme d'En-Bas.

Ferme d'En Bas

Jusqu'au début du siècle, c'était une puissante ferme complètement enclose avec un porche monumental . Aujourd'hui, les locaux les plus anciens sont implantés dans la partie arrière du complexe qui héberge le Cercle royal Saint-Joseph depuis 1909 et qui accueille chaque année les nombreux visiteurs du célèbre Jeu de la Passion présenté depuis 1925.

Vue des bâtiments actuels et, à droite, ancienne vue du colombier aujourd'hui disparu

La ferme d'En Bas fut le théâtre d'un combat féroce en fin de journée du 16 juin 1815 . Les Prussiens y livrèrent une résistance héroïque et désespérée aux troupes françaises commandées par Napoléon en personne. Une plaque commémorative apposée sur le mur près de la porte principale du corps de logis rappelle cet épisode.

Vue de la cour intérieure et stèle commémorative (à droite)

Sart-Malet

Poursuivez votre promenade jusqu'au Sart-Malet et découvrir le point de vue opposé à celui que vous avez apprécié à la Cornaille . Vous saisirez mieux les mouvements prussiens vers Ligny et les manœuvres audacieuses des cavaliers français tentant de briser toute tentative d'approvisionnement des Prussiens en hommes et en matériel. Pour atteindre ce point haut, prenez, à gauche de la ferme, la pittoresque rue Généraux Gérard et Vandamme, héros des combats du 16 juin 1815. Suivez la rue Gaie jusqu'au sommet du nouveau quartier résidentiel. A la balise, vous apprécierez le panorama de Ligny vu du versant nord.


Chute de Blücher au Sart-Malet

De cet endroit, vous surplombez la vallée de la Ligne, avec Ligny en point de mire. Vous devinez les troupes prussiennes manœuvrant dans cette immensité et convergeant vers Ligny attaqué. Puis fonçant à travers les blés mûrs, la cavalerie de Milhaud affrontant mes troupes prussiennes.

C'est dans ces espaces marqués à tout jamais par le sang des braves qui y ont succombé que le cheval du maréchal Blücher s'effondra frappé à mort, écrasant le commandant en chef prussien. Sous le couvert de la nuit tombante, protégé par ses ordonnances, il put échapper aux cuirassiers français qui passèrent et repassèrent à proximité sans le reconnaître.

Des peintures militaires particulièrement réalistes commémorent cet épisode majeure de la bataille de Ligny.

Pour regagner le Centre Général Gérard, vous emprunterez l'avenue du 16 Juin 1815. Prudence au carrefour avec la chaussée et marchez encore 200 mètres.

Effectifs

Armée française: 68.000 hommes et 238 pièces d'artillerie (1er,, 2e et 4e corps de cavalerie de Pajol, Milhaud et d'Exelmans, 3e corps de Vandamme, 4e corps de Gérard, 7e division d'infanterie de Girard, la Garde.

Armée prussienne: 87.000 hommes et 218 pièces d'artillerie (1er corps de von Zieten, 2e corps de von Pirch I, 3e corps de von Thielmann

Bilan

Les pertes furent lourdes.

Selon les sources allemandes, l'armée prussienne perdit 20.448 tués, blessés et manquants tandis que l'armée française compta environ 12.000 tués, blessés et manquants.

La promenade 1815 » est une réalisation des Amis de Ligny avec l'appui financier de la commune de Sombreffe.
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